Plaidoyer pour une foi virile

La foi n’est pas un mécanisme magique par lequel on obtient tout ce qu’on veut et ni une forteresse qui nous protège de tout ce qu’on ne veut pas. Cette compréhension de la foi est une construction enfantine et naïve d’un christianisme bourgeois du 20e siècle en Occident. C’est parce que nous sommes intoxiqués par cette conception de la foi que nous réagissons avec immaturité dans cette crise pandémique. À notre honte, nous agissons comme des enfants rois à qui papa vient de dire NON. Puis nous voilà en train de pleurnicher, vociférant contre l’injustice et la supposée souffrance dont nous sommes les pauvres victimes.

Selon l’Écriture, la foi est un muscle qui se renforcit dans l’épreuve. Mais pour nous, chrétiens du 3e millénaire, le triomphe de la foi s’inscrit dans le combat pour maintenir le « statu quo », nous combattons contre tous ce qui menace les acquis. On ne le dira jamais assez, la crise pandémique qui sévit depuis deux ans est un vaste laboratoire divin qui met en lumière la faiblesse profonde de notre christianisme infantilisé aux stéroïdes des avantages sociaux acquis depuis quelques siècles. On ne sait plus comment on pourrait s’en passer pour exister.

En ce moment, j’ai l’impression de réentendre en boucle le discours des Hébreux qui au sortir d’Égypte se plaignaient jour et nuit contre Moise parce qu’ils refusaient les restrictions que leur imposait pour un temps les limitations des conditions de vie au désert. Non, le désert n’est pas un lieu confortable, mais il est le meilleur endroit pour révéler les attitudes profondes de notre cœur. De plus, c’est au désert que la foi virile du fidèle s’éveil car en ce lieu, rien ne conforte les privilèges du vieil homme adamique. L’apôtre Pierre nous instruit à se saisir de cette attitude de foi qui ne se nourrit pas des murmures ambiants mais qui accueil l’épreuve comme une source de vie qui contribue à la joie :

« 6 Voilà ce qui fait votre joie, même si, actuellement, il faut que vous soyez attristés pour un peu de temps par diverses épreuves : 7 celles-ci servent à éprouver la valeur de votre foi. Le feu du creuset n’éprouve-t-il pas l’or qui pourtant disparaîtra un jour ? Mais beaucoup plus précieuse que l’or périssable est la foi qui a résisté à l’épreuve. Elle vous vaudra louange, gloire et honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra. » 1 Pierre 1 : 6-7 (Semeur)

L’immaturité spirituelle se révèle par notre incapacité à vivre notre foi dans des conditions différentes. Incapables que nous sommes de s’adapter aux circonstances pandémiques, mais surtout, montrant notre extrême difficulté à laisser le gouvernement jouer son rôle dans cette affaire, voilà ce qui me préoccupe grandement. En fait, ce n’est pas en nos gouvernements que je place ma confiance, mais dans le Seigneur qui me rappelle en sa Parole qu’ils sont « institués » par Lui.

Si donc il nous faut réajuster nos façons de faire pour marcher avec Dieu en ces temps qui bousculent nos acquis, c’est que la chose est voulue de Dieu et non du diable. En ce sens, Paul disait aux chrétiens de Philippe :

« 11 Ce n’est pas le besoin qui me fait parler ainsi, car j’ai appris en toutes circonstances à être content avec ce que j’ai. 12 Je sais vivre dans le dénuement, je sais aussi vivre dans l’abondance. C’est le secret que j’ai appris : m’accommoder à toutes les situations et toutes les circonstances, que je sois rassasié ou que j’aie faim, que je connaisse l’abondance ou que je sois dans le besoin. 13 Je peux tout, grâce à celui qui me fortifie. » Phi 4 : 11-13

Pour l’apôtre, ce qui importe le plus n’est pas la nature juste ou injuste d’une circonstance, mais ce que nous pouvons en apprendre. « J’ai appris » dit-il en ce texte. Au sortir de cette pandémie appelée par notre Dieu souverain et trois fois saints, l’Église ne sera plus exactement comme elle était depuis les 25 dernières années, elle sera sans doute rapetissée, remodelée, peut-être moins riche et certainement moins triomphante mais, elle sera toujours aussi parfaite parce que ce qui la rend parfaite ne vient de nous mais de celui qui en est la tête, le Christ vainqueur des nations.

Conclusion

La peur de perdre des avantages et quelques conforts est pour le chrétien l’un des pires esclavages. Ce n’est pas par nos richesses que la foi se fortifie, mais en nos faiblesses et dans la perte de tout ce qui nous préoccupe plus que le Christ lui-même.

(R.G.)

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1 Comment

  1. Le désert intérieur est l’endroit le plus vide… rempli de la présence de Dieu !
    Plus nous faisons le plein de confort… plus nous ressentons le vide du for intérieur, là où devrait s’installer l’essentiel.
    Choisir le silence… c’est crier l’essentiel.
    Cesser de s’agiter aux affaires du monde… c’est accélérer sa course vers le Seigneur.

    « Marthe ! Marthe !(Claude ! Claude !)(Réal ! Réal !) tu te soucis et tu te tourmentes pour beaucoup de choses, mais une seule est importante… »

    Seigneur rappelle-moi à l’essentiel !

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