Pourquoi tant de chrétiens ne veulent plus fréquenter nos églises?

Au milieu des années 80, lorsque je me suis converti, tous les chrétiens étaient fiers d’appartenir à une Église locale. Mais ça, c’était il y a 30 ans. Aujourd’hui, les chrétiens sans Église ne cessent d’augmenter. Ce n’est pourtant pas les Églises qui manquent, surtout si on ajoute toutes celles qui s’implantent ici et là. Alors, pourquoi l’idée d’appartenir à une communauté chrétienne locale déplaît-elle autant maintenant?

J’ai souvent défendu l’idée que les « sans église » étaient des rebelles qui préféraient vivre à l’écart et faire ce qui leur plaît. Mais voyez-vous, ce genre d’argument ne sert qu’à esquiver les véritables causes beaucoup plus profondes qui provoquent ce désengagement. On ne peut pas mettre tout sur le dos de la malice des gens ou même sur les séductions du Malin. Il y a bel et bien des facteurs liés à la piètre gestion des relations humaines dans les Églises.

D’abord, prêtons l’oreille

Depuis quelques années, j’ai commencé à prêter l’oreille à ces femmes et ces hommes qui, visiblement, ont perdu tout intérêt à fréquenter une Église. Je voulais qu’ils me racontent leur petite histoire et je voulais comprendre pourquoi ils ont fait ce choix. J’ai pris le temps de les laisser me parler des maladresses qu’ils nous reprochent à nous qui sommes responsables d’Églises. Dès qu’on se donne la peine de les écouter, on découvre une panoplie de raisons qui, certes, ne sont pas toutes justifiables, mais qui permettent tout de même de prendre connaissance des lacunes sérieuses dont nous sommes responsables.

Alors, posons-nous la question suivante : que s’est-il passé au cours des 20 ou 30 dernières années pour qu’une foule inestimable de chrétiens ait choisi de vivre leur foi dans l’isolement loin des Églises?

Voici quelques-uns des griefs régulièrement entendus :

  • Nominations par copinage à des postes importants de l’Église
  • Manque de transparence dans la gestion des finances de l’Église
  • Négligence dans la gestion de cas d’injustices flagrantes
  • Impossibilité de donner mon opinion sur des décisions importantes
  • Autoritarisme pastorale excessif
  • Jeux de coulisses
  • Appui inconditionnel des pasteurs à des amis pris en faute
  • Musique trop forte
  • Leaders qui ne s’intéressent qu’aux jeunes de la relève et qui n’ont rien à proposer aux aînés de l’Église
  • Personne ne m’adresse la parole quand je suis à l’Église
  • Parce que je suis divorcé, je ne trouve par ma place dans l’Église
  • Aucun responsable de l’Église n’a pris le temps de me visiter lorsque j’étais malade
  • Bien que je sois entouré d’une foule de chrétiens, je me sens terriblement seul
  • etc.

Je tiens à préciser dès maintenant que je reconnais avoir souvent été moi-même impliqué dans ce genre de négligences. Non pas que j’agissais suivant une malice volontaire, mais plutôt par manque de sensibilité et de professionnalisme dans la gestion de l’Église. J’apprécie le fait qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre à agir autrement à l’avenir.

Que s’est-il passé?

Pour répondre à la question, je propose l’hypothèse suivante : est-il possible qu’un nouvel ADN, totalement étranger à l’Évangile, se soit incrusté dans l’administration et la gestion de nos Églises depuis quelques décennies? Je ne prétends pas que mon hypothèse est la seule valable, mais voilà, je crois que l’Église du 3e millénaire s’est prise dans les filets du capitalisme darwinien. Ces valeurs séculières qui depuis 150 ans ont propulsé notre monde dans l’effervescence d’une société technicienne ont fini par atteindre l’Église qui n’a rien su faire d’autre que d’emboiter le pas.

Les projets populaires à valeur ajoutée et le triomphe de l’espèce (dite évangélique) passent bien avant la compassion, la miséricorde et la prise en charge de la veuve et l’orphelin[1]. Nous adhérons sans trop de réserve à la sagesse naturelle d’une certaine bourgeoisie chrétienne qui se préoccupe plus de l’image publique de l’Église institutionnalisée que de la proclamation du message de l’Évangile. Les jeux d’impression qui protègent la bonne réputation de l’institution pèsent plus lourd dans la balance que les principes de droiture bibliques qui devraient être au premier rang de nos priorités.

La beauté des temples, la qualité des cultes du dimanche et l’enflure verbale des énoncés de mission retiennent la plus grosse partie de nos budgets et de notre précieux temps. Tout est fait en vue de favoriser des conditions gagnantes productrices d’images à succès. L’Église emmitoufle le message de l’Évangile dans les riches contenus d’une théologie sans faille, mais derrière cette théologie se cache un souci à peine avouable : la crainte des hommes qui est le principal vecteur des idées qui orientent les choix de ceux qui dirigent. 

Les plus aptes de l’espèce…

Un certain darwinisme ecclésial s’installe et assure que les membres les plus aptes soient davantage valorisés, car c’est de leur part qu’on attend une valeur ajoutée. Grâce aux discours bien léchés des meilleurs de la meute, on garantit le maintien d’une image de marque qui ne scandalisera personne. Dans cette lutte pour leur survie, les Églises se rivalisent l’une contre l’autre par des initiatives toujours plus créatives les unes au-dessus des autres. Est-il surprenant qu’étant les témoins de ce commerce douteux, des chrétiens perdent, non la foi, mais le désir de vivre dans cette imposture?

Dans cette course incessante vers la réussite et le succès, le temps le plus précieux dont on dispose n’est pas accordé aux plus démunis de nos communautés. Nombreux sont ceux qui ne trouveront jamais leur place pour vivre et servir dans nos Églises parce que les premières places sont occupées par les privilégiés des lieux? Par exemple, comment se fait-il qu’une dame de 75 ans se fait dire par son pasteur qu’elle peut toujours changer d’Église si le volume de la musique de louange pendant le culte du dimanche lui semble trop élevé? C’est bien là un triste exemple d’une Église darwinienne qui se reconnaît par la propension à s’investir seulement dans les gens qui lui sont rentables : les jeunes. Quant aux plus âgés de la communauté, rien d’autre ne leur est offert sinon que d’assister docilement au spectacle désolant d’un christianisme en décrépitude.

Capitalisme darwinien, c’est quoi ça?

Qu’est-ce que le capitalisme?  « Système économique basé sur la propriété privée des moyens de production et structuré en vue de maximiser les profits. Le capitalisme présuppose la liberté de commerce et l’existence d’un marché d’acheteurs et de vendeurs de biens[2]. » Ainsi donc, le capitalisme est un système qui nous instruit à toujours s’assurer que chaque geste que l’on pose nous amène une valeur ajoutée, un profit.

Qu’est-ce que le darwinisme?  « Ensemble des mécanismes biologiques qui par le truchement de la sélection naturelle permettent aux plus aptes d’une même espèce de se reproduire davantage et d’ainsi favoriser la survie de l’espèce à plus long terme[3]. » Les plus forts, les plus capables et les plus ambitieux sont naturellement sélectionnés pour garantir la survie de l’espèce.

Mais nous, les chrétiens, c’est Jésus notre unique influence, non?

Puisque nous sommes des fils et des filles du siècle présent, nos Églises n’échappent pas à l’intrusion agressive de ces idéologies subversives. Une Église fréquentée par les capitalistes-darwiniens que nous sommes ne peut échapper si aisément aux usages dévastateurs d’idéologies aussi puissantes que celles-là.

Mais oui, nous sommes des chrétiens trempés de la tête aux pieds dans ce monde idéologique qui favorise l’élévation des plus aptes. Voilà qui impose à nos esprits une subtile relecture de l’Écriture qui permet aux valeurs du présent siècle mauvais de se dissimuler dans l’instruction et la gestion d’un l’Évangile revampé au goût du jour. Cette orthodoxie à la sauce postmoderne dilue la portée du message biblique pour n’en laisser à la fin qu’un simple bouillon sans odeur ni goût, sans dérangement, sans renoncement et, surtout, sans l’essentiel du message de la croix.

Conclusion

Les chrétiens qui délaissent nos Églises ne sont pas nécessairement aussi charnels que nous le pensons, peut-être qu’ils sont tout à fait spirituellement sain d’esprit. Tout compte fait, les charnels, c’est peut-être nous qui s’égarons dans les méandres du succès. Oui, je sais que ce qui est dénoncé dans cet article ne représente pas la réalité de toutes les Églises et de ceux qui les dirigent. D’ailleurs, on sent de plus en plus chez plusieurs un désir profond de prendre un virage assumé vers un peu plus d’humanité chrétienne. J’entends par là que l’Église de J-C est dirigée par hommes et des femmes souvent fragiles, et c’est dans cet état de fragilité que ces derniers sont appelés à tendre une main de compassion aux êtres les plus fragilisés de notre monde en proie à la bêtise humaine. Comme le Christ en chemin, arrêtons-nous pour regarder ces hommes et ces femmes dans les yeux et offrons-leur généreusement les richesses de la bonté de Dieu par lesquelles nous avons été nous-mêmes enrichis. Alors, peut-être auront-ils envie de vivre l’amour de Dieu dans nos Églises locales. Réal Gaudreault (pasteur)


[1] « La religion authentique et pure aux yeux de Dieu, le Père, consiste à aider les orphelins et les veuves dans leurs détresses et à ne pas se laisser corrompre par ce monde. » Jacques 1 : 27

[2] http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1473

[3] https://www.liberation.fr/sciences/1997/09/02/le-darwinisme-en-5-principes_216582

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30 Comments

  1. Triste réalité, plus d’injustices dans l’église que nulle part, promotion des lèche bottes et destruction de ceux qui osent donner un avis contraire soit il biblique. Tous ça au nom de Dieu, quel Dieu? Souvent certains me demande si Dieu ne voit pas ces dérapages et qu’est-ce qu’Il attend pour agir?

    • Oui Hubert, Dieu voit tout et sait tout et tôt ou tard, nous devrons tous rendre compte des richesses et avantages qu’il nous a confié.

  2. Merci pasteur Réal! Quelle vérité que ce billet… je vais dans le même sens que toi et je vous garde en prières, toi, ton épouse et chaque membre de votre Eglise.

  3. Très bonne analyse qui vaut pour divers pays dont la France. Le manque de formation théologique de bon nombre de pasteurs est une des causes du malaise aujourd’hui dans les églises évangéliques.

    • Vous avez bien raison que la mauvaise qualité de la formation théologique joue un rôle crucial dans la déroute de certaines églises.

  4. Merci , Comme tu mentionnes, on es porté à juger les gens ( qui n’est pas notre rôle) sur le fait qu’il délaisse l’église. Ton article m’a fait réaliser que moi-même qui sert dans mon église j’oublie l’essentiel.

  5. Le Seigneur nous a averti que dans les derniers temps, il y aurait des temps difficiles.
    Mathieu 24,12-13…parce que l’iniquité prévaudra, l’amour de plusieurs sera refroidi; mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. Nous devons nous unir dans la prière et l’intercession afin qu’il y ait un réveil dans nos cœurs. Là est la solution.

  6. Ouais… Bel exposé. J’aimerais rajouter un aspect important qui à mon sens explique brièvement la division dans le corps de christ, et par le fait même le désillusion de plusieurs croyants sincères qui n’ont pas sut discerner, inconsciemment, la réalité. Le boom évangélique des années 80 a propulsé plusieurs nouveaux convertis croyant être en mesure d’assumer la position de leader/pasteur de plusieurs assemblées nouvellement créés. Mais selon les écritures ce rôle est un Appel Particulier selon Éph. 4:11-16. Résultat, manque d’habilité spirituel pour accomplir la tâche. Bon, ce thème appelle à un développement qu’il serait trop long à élaborer sur ce blog.

  7. Communautés en déroute mais l’Église en route…

    À y regarder de plus près M. Gaudreault, votre réflexion rend compte d’une réalité très bien connue. L’Écriture est remplie de récits décrivant les troubles et les conflits auxquels le peuple de Dieu et plusieurs de ses envoyés ont été au prise. Le peuple hébreu comme l’Église de Christ sont depuis toujours affligés par des tensions et de graves troubles. Il n’y a pas un livre du canon biblique qui ne relève cette dimension. Nous devons être réalistes quant au fait que l’homme reste l’homme et que «là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie ». Nous sommes aussi à même de lire dans la Bible que lorsque Dieu dirige son peuple (ou un individu), nous sommes en sécurité. Pas toujours sans ambages, épreuves et/ou pertes mais en sécurité, nous promets l’Écriture…en autant que l’homme s’abandonne et se soumette au Père céleste et à ses commandements. Tout cela par la force de Sa grâce bien entendu. Mme Morin mise tout à fait sur ce qui pourrait nous sortir de ce marasme : l’invoquer de tout cœur. C’est essentiellement là où le bas blesse, selon ce que j’en perçois. C’est, comme pour tout le reste, l’œuvre de son Esprit en nous peut faire le travail. En fait, il est le seul à le faire selon ce que l’Écriture en dit. Et vous soulevez très bien cet aspect de notre marche lors de vos prédications M Gaudreault.
    Que ce soit pour une organisation ou pour un individu, le défi de la réussite d’une vie –et c’est ce qui est enseigné dans l’Écriture- est de se tenir loin du péché, du monde et/ou de l’influence du malin. Mais encore faut-il que le Maître opère le miracle du «renouvellement de notre intelligence». Ce qui n’a rien à voir avec des fins de semaines de retraite à entendre quelqu’approche théorique d’un talentueux communicateur qui nous fait réfléchir sur nos ʺpetites personnesʺ. Ça, c’est de la psychologie. C’est valable de réfléchir sur soi et sur notre santé psychologique. Mais ce sera édifiant et potentiellement transformateur, seulement si le Seigneur est au centre de nos attentes et que nos désirs sont portés sur son enseignement. La seule prière authentique d’une personne abattue derrière la porte clause de sa chambre sera plus efficace, que dix milles repentirs psychologiques sans attente d’un soutien de Celui qui guérit et relève durablement.
    Ce sur quoi nous devrions nous questionner en tant que chrétien c’est comment se fait-il qu’une frange si importante du peuple de Dieu en vienne à une déroute aussi généralisée ? Et ce, sans se rendre compte de ce qui lui arrive ! Nous pourrions tenter d’en faire l’analyse savante et en dégager des statistiques toutes aussi convaincantes que cela ne ferait que faire des constats navrants. Même si quelqu’un en avait l’explication, cela ne donnerait pas plus de pouvoir à aucun d’entre nous d’en changer quoique ce soit. C’est là où plusieurs ont fait erreur à mon sens. Croire qu’en réfléchissant aux problèmes, qu’en cumulant de la connaissance (gnosis) et des compétences (formation pastorale, capacité de discourir, de diriger ou de soutenir psychologiquement etc.) tout en oubliant l’essentiel ( «Arrêtez et sachez que je suis Dieu » Ps.46) , on édifierait l’Église. L’Église c’est l’épouse de Christ et non un projet d’homme. Cela semble évident, mais ça ne semble pas la posture de bon nombre d’autorités ecclésiastiques qui croit qu’à force de programme et de structure, nos communautés grandiront. S’activer et s’agiter en pensant que par l’action de nos ʺpetites personnesʺ, nous produirions une communauté en santé, était le modus operandi de ces directeurs de conscience. Nous vivons une époque où l’activisme est maître et où une génération (les milléniaux) est poussée vers l’entrepreunariat à tout crin. Sur cette lancée vertigineuse, l’insécurité est à découper au couteau dans cette tranche de population. Il faut dire que l’ambiance de notre système économique (capitaliste) y contribue grandement. C’est l’adn de notre monde que de carburer à l’ambition et à l’enrichissement. Ce n’est pas un problème de désirer la prospérité dans nos projets, tant que cela n’occupe pas le centre de nos pensées et de notre motivation dans cette vie. Surtout quand c’est au détriment de nos familles et de ceux qui nous entoure. Un vieil adage dit bien que «l’ambition tue son maître» ou encore, «l’argent est un bon serviteur mais un maître tyrannique».
    Une fois cela dit, quel moyen nous sortira de ces influences infernales ? L’Écriture est claire, nette et précise sur la voie à prendre :
    «…si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie, et cherche ma face, et s’il se détourne de ses mauvaises voies,-je l’exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays.» 2 Chronique 7
    «Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible» Math.26
    Il n’y a point d’ambigüité. C’est en chemin avec le Seigneur à nos côtés que nous serons en sécurité.

  8. pasteur Réal Gaudreault c’est une grande joie en vous lisant.
    Que le Seigneur vous bénisse abondamment.
    Nous avons ce privilège de connaître ces choses avant de s’engager à nos ministères respectifs.
    Que Dieu vous bénisse encore.

  9. Pasteur Gaudreault, très bonne analyse de la situation. Ça me parle beaucoup. Toujours un plaisir de vous lire. Bonne semaine Pasteur.

  10. Réal, j’ai apprécié ton analyse sur ces entreprises religieuses qu’ils appellent des églises et non l’Église.
    Dans ces milieux dits-évangéliques c’est un monde d’hommes, des mâles dominants d’où que la femme est TOUJOURS à l’arrière plan et tu sais que c’est une réalité.
    C’est un monde de compétition à savoir qui sera le plus grand dans le sens rentabilité.
    Je t’avoue que je connais ce milieu pour y avoir œuvré pendant des années comme évangéliste accrédité…
    Il fallait que je sois rentable et performant pour remplir des bancs vides.
    C’est un monde d’où le pasteur est à la solde du comité pastoral et soumis à ceux qui apportent de bonnes dîmes…
    Le pasteur ne peut se permettre de reprendre sévèrement des loups dans la bergerie et il est à la solde des clans…
    Jésus a eu les mêmes problèmes car il était en plus un (sans religion)
    La preuve c’est que si vous lisez attentivement l’évangile de Luc vous vous rendrez compte que c’est pleins de femmes autour de Jésus et il passait pour être un rabbin ce qui n’a pas aidé sa cause….
    Réal, mon épouse et moi sommes devenus par la force des choses des sans églises…
    Et depuis ce temps nous n’avons plus de place pour se reposer nos têtes…Le Seigneur l’a voulu comme çà et lorsque sa Majesté trouve un ouvrier ou une ouvrière (Psaumes 68:12
    Ben ils sont tellement occupés qu’ils ont l’impression que le temps s’arrête…
    C’est une vocation temporelle avec un fond de pension incommensurable et éternel…
    Voyez-leurs réactions en Matthieu 25:31-40
    Hein ? Où çà Seigneur ? Qui ? J’m’en rappelle pas ? Ben voyons donc ? QUOI ?
    Regardez ces princes et ces belles p’tites princesses totalement ignorantes du bien qu’ils ont fait sur terre pour sa Majesté…
    Merci Réal pour ta franchise, tu fais partie des derniers des vrais……Hélène et Jocelyn-d doyon

  11. Cet article vient toucher une corde sensible. Après environ 9 ans dans une « grande » église, j’ai perdu le goût et la ferveur qui m’on tant animés les 1ères années. Le copinage, même dans le service, le manque de proximité avec les leaders, la quasi impossibilité de créer des liens sociaux avec les membres et le mensonge sont tous des facteurs qui me poussent aujourd’hui à chercher ailleurs. Mon cœur n’est Plus à cette église.

    • Bonjour Linda
      Merci pour ce témoignage. Je vous encourage à demander au Seigneur de vous diriger vers une église dans laquelle vous pourrez expérimenter la réalité d’une riche communion fraternelle.

  12. Ma femme et moi ne sommes plus membres d’aucune assemblée depuis 1992 et nous nous en portons très bien. Cela ne nous empêche nullement de nous retrouver souvent avec d’autres frères et sœurs et nous acceptons parfois de les accompagner dans leurs églises. Nous avons constaté tout ce que vous décrivez dans votre article mais la cause de la désaffection de certains pour l’église est plus profonde.
    Vous avez l’honnêteté de reconnaître que le monde est entré dans l’église puisque les gens ne sont plus motivés par l’édification des faibles mais par le succès. Vous reconnaissez que la crainte des hommes les freine, j’ajouterai son corolaire, la gloire des hommes. Tout cela est vrai mais c’est toujours une affaire d’humains qui ne sont pas assez plein d’amour envers ces pauvres âmes fragiles qui du coup les quittent. Alors, il faut faire son mea culpa et prêter plus d’attention aux autres. C’est déjà bien et il y a du vrai en cela mais ça n’est pas la vraie raison du problème. Ceux qui les quittent ne sont pas toujours de pauvres âmes blessées, bien au contraire.
    Premièrement il y a une cause théologique. Le concept même d’église locale est aujourd’hui totalement galvaudé par le mauvais usage qu’on en fait depuis longtemps. Ces églises que l’on dit locales ressemblent plus à ce que Paul en dit en 1Co 1:12 Je veux dire que chacun de vous parle ainsi : Moi, je suis de Paul ! Et moi, d’Apollos ! Et moi, de Céphas ! Et moi, de Christ ! Dans une même localité il y a les catholiques, les protestants, les réformés etc. Où aller ? Où rester ? On voit bien que c’est leur compréhension de la volonté de Dieu qui va influencer le choix des plus honnêtes. Vos églises ne sont plus locales car elles ne sont plus composées de tous les croyants d’un lieu de vie mais de groupes de croyants épars réunis autour d’une certaine théologie particulière ; d’une même confession de foi. À l’époque du NT il n’y avait qu’une foi, celle que les apôtres avaient transmise, et tous les croyants d’un lieu de vie se réunissaient au même endroit autour de ce même enseignement. Seules les distances séparaient les groupes de croyants. C’est au moment où certains se sont éloignés de l’enseignement pur des apôtres (alors même que ceux-ci vivaient toujours) que des divisions ont commencé à poindre et cela n’a fait qu’empirer depuis. On ne peut donc pas imposer, à qui que ce soit, de se soumettre à un modèle qui ne correspond pas au modèle biblique et qui a depuis toujours montré ses faiblesses et encore moins chercher à déprécier ou culpabiliser ceux qui s’en sont éloignés.
    Deuxièmement il est très rare de trouver des églises dirigées selon le modèle du NT c’est à dire par des anciens qui correspondent en tous points à ce qu’en disent 1Tim 3:1-7 et Ti 1:5-ss quant aux qualités qu’ils doivent avoir manifestées pour être choisis et établis dans le ministère.
    En Ac 20.28 Paul s’adresse aux anciens d’Ephèse et les exhorte à prendre garde (le mot grec contient aussi la notion de diriger) à eux-mêmes et au troupeau sur lequel ils ont été établis évêques (episkopos = surveillants ; mot que l’on retrouve en 1Ti 3.1) pour « paître » (c’est à dire faire le travail de pasteur, de berger) l’église.
    Ce sont les anciens qui étaient les pasteurs ; pas de pasteur unique car ce rôle revient à Jésus seul.
    Je ne vous connais pas pasteur Réal Gaudreau mais lorsque vous avez acceptez cette charge, correspondiez-vous en tous points à ce qu’exige Paul ?
    Aviez-vous déjà fait vos preuves dans le domaine familial ? Aviez-vous un certain âge qui aurait donné au gens suffisamment de recul pour constater vos capacités à bien vous occuper de l’église de Dieu ? Vos enfants étaient-ils en âge d’avoir fait un choix de fidélité au Seigneur ? Étiez-vous en accord avec tous les autres points de 1Tim 3 et Tite 1 ? Les pasteurs que vous connaissez y correspondent-ils vraiment ?
    Pour ma part, je n’en connais pas et je ne connais aucune église qui ait eu cette exigence et qui ait adopté ce modèle.
    En général elles ont un pasteur qui l’est par l’école biblique et des anciens qui ne sont même pas considérés comme pasteurs.
    Êtes-vous le pasteur de votre église ou êtes-vous un ancien parmi d’autres travaillant à faire pour vos frères et sœurs ce qu’un berger fait pour ses brebis ?
    Je ne soupçonne pas le mal chez vous, je veux juste que ceux qui liront ces lignes considèrent si leur vision du pastorat correspond à celle du NT.
    Paul reproche aux Corinthiens de se réunir non pour devenir meilleurs mais pire (1Co 11) et il a averti que c’est du milieu des responsables que s’élèveraient des gens cherchant à attirer les brebis derrière eux plutôt que derrière le Christ (Ac 20.30). Et combien cela s’est vu depuis, dans toutes les dénominations.
    Pour que les gens « viennent l’église » suivons le modèle biblique et le Seigneur y ajoutera chaque jour ceux qui sont sauvés (Ac 2.47).

    • Bonjour Louis
      Je vous remercie pour votre commentaire qui enrichie le contenu de mon article. Vous apportez ici plusieurs idées qui sont également le fruit de votre compréhension de l’Écriture. Évidemment, je suis généralement en accord avec vos propos bien qu’un élément me parait quelque peu excessif, c’est-à-dire lorsque vous affirmez au sujet des pasteurs et des églises : « Pour ma part, je n’en connais pas et je ne connais aucune église qui ait eu cette exigence et qui ait adopté ce modèle. »
      Je reconnais avec vous que certaines dénominations chrétiennes ont tendance à passer outre les exigences néotestamentaires qui devraient s’imposer lorsque vient le temps de consacrer des hommes à cette noble vocation, mais de là à affirmer que toutes ne le font pas, je ne peux être d’accord avec vous. Je connais plusieurs de mes confrères pasteurs ou anciens qui rencontrent tout à fait les exigences et qui sont des gens sérieux et honnête dans leur marche avec Dieu.
      La problématique que vous soulevez au sujet des pasteurs uniques est affectivement bien établie dans de nombreuses églises mais une fois encore, bien d’autres églises s’efforcent d’honorer du mieux qu’elles peuvent le régime de gestion par la collégialité des anciens. Je ce que j’essaie seulement de dire c’est que la situation n’est pas totalement aussi sombre que vous le croyez et qu’on trouve en tous lieux des églises et des pasteurs anciens qui œuvrent de manière tout à fait honorable devant le Seigneur.

  13. Tout d’abord merci pour votre engagement et merci pour votre réponse.
    J’ai pris la précaution de dire que je n’en connais pas parce que je n’en ai jamais rencontré là où je suis allé. Je ne veux pas dire que cela n’existe pas. Je ne met pas en doute la bonne foi ou l’engagement des pasteurs ni leur désir sincère de servir le Seigneur. Mais les bons sentiments n’exonèrent pas d’obéir strictement à ce qui est clairement exigé par notre apôtre Paul pour la mise en pratique. C’est tout de même lui qui a été établi par Dieu pour faire naître et organiser l’église dans les nations. Que Dieu vous bénisse dans tout ce que vous faites.

  14. Bonjour pasteur Réal Gaudreault,

    Merci beaucoup pour votre article et tout ce qu’il contient comme enseignements et vérités.

    Il me semble que vous avez fait du chemin par rapport à vos prises de position et agissements, dans un passé assez récent, lors de la gestion du conflit né des injustices à la Faculté de Théologie Évangélique de Montréal.

    Avez-vous été vous-même victime d’une quelconque injustice, ou s’agit-il d’une prise de conscience venant réellement de la Parole de Dieu?

    Je suis dans la joie de constater que Dieu continue de diriger l’histoire.

    Bonne journée dans sa paix.

  15. Très bonne réflexion Real! Le phénomène du capitalisme vient nous brimer dans notre authenticité et l’enfant darwinisme dans notre miséricorde! Je viens de le lire avec Stéphane et nous avons beaucoup apprécié!

    • Salut Samuel
      Bien heureux que tu ai apprécié le sujet. Effectivement, l’église de notre temps doit se questionner sur les sources d’influence qui contaminent le développement de sa culture organisationnelle. À bientôt et salutation à Stéphane.

  16. Bonjour merci, ça fait du bien de lire un article lucide ,
    On pense souvent à ce que les pasteurs ne font pas mais
    ceux qui composent l’église ont AUSSI un rôle à jouer ,c’est pas juste le pasteur ou une question d’organisation,la vrai question ,
    les gens qui composent l’église sont-ils né de nouveau ?
    Tout dépendra de cela . L’ivraie devient plus présente que le blé
    de là vient beaucoup de dérives .
    Le véritable problème des églises c’est avant tout
    l’individualisme et la mondanité .
    Vouloir que le culte soi absolument dans l’air du temps ,ça perd tout le côté sacré et sobre …
    Et l’insistance des diplômes ,je viens de tel école ou université…
    Ce n’est pas un papier qui nous donne du crédit ,c’est Dieu qui qualifie
    Pour le reste ,côté humain ,
    dans beaucoup d’églises c’est des relations bonjour au revoir, parler du temps….mais pas d’authenticité…
    pas l’envie de se bouger pour l’autre ou de le connaître réellement.
    être assis ensemble ne signifie pas être en communion ,l’indifférentisme
    c’est la pire des mentalités qui puisse être dans l’église .
    Dans d’autres églises qui paraissent plus vivantes c’est un autre problème
    Courir après des résultats …et la dîme ! …
    Quand l’église devient comme le monde pourquoi s’y accrocher ??
    Malgré moi j’en suis venue à conclure que
    le culte véritable c’est jour et nuit , ça ne dépend pas de l’église ,
    le Seigneur nous incite à prier dans notre chambre
    à dépendre de Lui … à servir ceux qu’Il met autour de nous
    famille, voisins ,ou même inconnus… à travailler de nos mains …
    C’est par le quotidien qu’Il nous forme
    et non pas automatiquement par le biais d’une église …
    C’est un constat rude mais réaliste, beaucoup quittent le navire
    des fausses églises pour retrouver une communion avec Christ
    L’habit ne fait pas le moine ,
    être dans une église ne signifie plus grand chose

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