Un Dieu attentif à tes misères

Parce que tu dis: Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu (Apocalypse 3:17)

Le 31 décembre dernier me voilà avec une dizaine d’amis pour célébrer l’arrivée du Nouvel An 2020. Et juste un peu après minuit quelque chose d’inattendu s’est produit, quelque chose de très rares, comme un moment de grande humanité (lucidité, authenticité) si beau et si grand que la notion même du temps qui passe nous a échappé. Tous, nous étions possédés par la richesse de cet instant où chacun répandait humblement son cœur aux autres en toute franchise. Sans pudeur, sans masque, et surtout sans crainte d’être jugé, nous avons pris le temps pour se raconter aux autres, se dire en toute franchise ce qui se passe en dedans, avec émotions et pleurs, certes, mais surtout avec vérité.

Nous aurions voulu planifier un moment pareil que ça n’aurait jamais fonctionné, il fallait que Dieu soit présent et fasse en sorte que ça arrive.

Et de quoi parlions-nous?

C’est comme si un voile s’était levé tout à coup, avec courage, nous nous disions à quel point nos vies chrétiennes étaient pleines de vides. Des vides que nous avons l’habitude de remplir à mesure que nous les découvrons par d’autres choses tout aussi vides. Souvent rempli de mensonges, de projets et de rêves, de faux-semblants, tant de choses apparemment utiles, mais vides des vraies réalités spirituelles. C’était un peu désolant de s’avouer ces choses après 35- 40 ans de vie de chrétienne. Je me sentais comme les chrétiens de l’Église de Laodicée à qui Dieu disait : « Parce que tu dis : Je suis riche, je me suis enrichi, et je n’ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, »[1] 

Nous avons donc osé nous dire qu’après toutes ces années de vie chrétienne, il y a plein de choses qui ne fonctionnent pas du tout :

  • Dépassé par des évènements familiaux difficiles à soutenir.
  • Découragé de ce que les choses n’arrivent pas comme prévu.
  • Habité par le mal de vivre qui se cache dans les recoins les plus secrets de nos cœurs.
  • Déçus de ce que bien de nos prières ne semblent pas trouver écho dans le ciel.
  • Brisés par des conflits de toutes sortes.
  • Etc.

Vous direz sans doute que c’était là une très mauvaise idée d’entreprendre la nouvelle année sur une note aussi négative. Parler des réalités qui décrivent les lourdeurs qui séjournent dans les profondeurs de nos cœurs est une aventure périlleuse et troublante surtout lorsque personne ne s’y était préparé. Mais au-delà du péril, quelque chose de vraiment lumineux en est sorti. J’en parlerai plus loin.

Ne pas savoir que nous sommes nus…

La pire des choses qui puisse arriver à un chrétien n’est pas de découvrir qu’il est « malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu. » C’est bien plutôt de préférer ignorer qu’il est « malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu ». Bien que ce moment fût tout aussi troublant qu’inattendu, nous étions pleinement conscients que c’était un moment de vérité, comme une grâce que Dieu nous accordait. Oui, une grâce de grand prix, car nous savions que le Seigneur avait provoqué souverainement ce moment pour parler à nos cœurs en vue de nous faire du bien.

Affranchir de quoi?

Vous connaissez la parabole de Luc 18 où Jésus raconte l’histoire du pharisien et du publicain qui chacun dans le Temple présente à Dieu sa condition humaine? He bien, ce soir-là, nous n’étions pas seulement le publicain pécheur qui se frappe la poitrine, nous savions que nous étions aussi pires que le pharisien qui présente ses bienfaits à Dieu. Car voilà qui nous sommes : des chrétiens qui, inconsciemment, présentent souvent à Dieu leurs réussites pour éviter de voir leur nudité spirituelle.

« parce que tu ne sais pas »

Lorsque Dieu adresse aux chrétiens de Laodicée des reproches quant à la réalité de leur piètre condition spirituelle, ce n’est pas en vue de les détruire, mais de les tirer de ce bourbier. De les tirer de leur ignorance. Voilà le conseil qu’il leur donne :

« 18 je te conseille d’acheter de moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. 19 Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. »[2]

Que les Laodicéens aient été dans un état aussi spirituellement pitoyable n’était pas en soi le vrai problème, car le vrai problème était plutôt l’ignorance de cet état : « parce que tu ne sais pas ». Comme il nous arrive régulièrement, ils préféraient ignorer qu’ils étaient « malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu. ». Ainsi, ils se condamnaient eux-mêmes à demeurer dans cette misérable condition. Lorsque le conseil de Dieu n’est pas écouté, on se condamne à vivre dans l’illusion du mensonge, on remplit nous-mêmes le vide, empêchant Dieu de le remplir.

Des ténèbres à la lumière

Il faut accepter de voir nos ténèbres bien en face si on veut trouver la lumière. Eh bien, c’est à peu de chose près ce qui nous est arrivé ce soir-là. Nous avons bien saisi que le message divin derrière cette expérience éprouvante était que, nous, comme les laodicéens, nous sommes « malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu. » Mais ce n’est pas grave, c’est même un réel avantage de se retrouver sur un chemin apparemment ténébreux au bout duquel on aperçoit au loin des reflets très lumineux.  

Ce qui fut tout autant inattendu lors de cette franche discussion est qu’à la fin, nul d’entre nous ne se sentait découragé, au contraire, une joie pleine d’espoir envahissait nos cœurs et nos esprits. Nous étions heureux comme si nous venions de mettre la main sur un grand trésor. Comme si … Dieu nous avait visités.

Conclusion – habiter le vide

Si le Seigneur daigne nous révéler le vide spirituel qui nous habite, c’est en vue de le remplir lui-même? Mais nous, esclaves de nos mensonges, nous cherchons toujours à convaincre Dieu que tout va bien. Mais ce vide, sans Dieu, reste vide. Le conseil que Dieu donne aux chrétiens de Laodicée est le meilleur des conseils que l’on puisse recevoir pour combler le vide de nos cœurs. Laissons Dieu le combler lui-même de ses bontés, de sa grâce et de ses provisions.

C’est une grâce de voir Dieu à l’œuvre dans nos vies. Voilà qui nous donne du Momentum pour la nouvelle année qui débute à l’Église En Chemin.

Réal Gaudreault (Pasteur)

Église En Chemin


[1] Apocalypse 3 : 17

[2] Apocalypse 3 : 18-19

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8 Comments

  1. Merci pasteur Réal,
    Enfin l’écho qui m’habitait. Je me disais que rien ne vas et confuse si j’étais bénie ou pas?
    Je prie le Seigneur qu’Il puisse renouveler Ses bonté envers moi. Amen!

  2. Merci Pasteur Réal, c’est béni que vous parliez de celà, le même sentiment m’envie depuis quelque temps vomme di je fuyais Dieu et essayait de ke convaincre et de me convaincre que je suis l’homme le plus heurdux. Mais en réalité je porte sans cesse un sentiment de tristesse. Metci pour cette belle exemple qui me fortifie et m’encourage en chemin.

  3. Merci Pasteur Réal, c’est béni que vous parliez de celà, le même sentiment m’envie depuis quelque temps comme vous dite je fuyais Dieu et essayait de le convaincre et de me convaincre que je suis l’homme le plus heureux Mais en réalité je porte sans cesse un sentiment de tristesse. Metci pour cette belle exemple qui me fortifie et m’encourage en chemin.

    • Salut Michel
      Je crois d’ailleurs que nous ne sommes pas seuls dans cette situation. ILs sont nombreux les chrétiens qui traversent de grand déserts depuis des années et qui essaient de faire comme si de rien n’était. Savoir reconnaitre le vide qui nous habite est le moyen de laisser Dieu le remplir, mais pour cela, laissons le s’en occuper.

  4. Quel puissant moment alors que l’Esprit anime ses enfants au milieu d’un monde sans Dieu.
    Avec ce témoignage d’une visite du ciel, la communauté «en chemin» est une communauté qui marche vers le miracle, celui de la véritable transformation. À la lecture de ce texte, je me suis senti (depuis longtemps) en communion de l’Esprit, quel grâce !
    Vous étiez dans l’humiliation au pied du Seigneur. La place de l’homme, c’est justement l’humiliation. Celle de notre Dieu, c’est l’élévation. Voilà la voie à laquelle nous sommes appelés, le véritable chemin des véritables victoires (joie ineffable qui n’a rien à voir avec les sentiments de réussites et de la gloire personnelle)
    Alors que vous viviez cette plénitude, je me suis rappelé d’un moment de réflexion qui m’a amené dans le même état alors que l’Esprit m’instruisait. Permettez-moi de vous partager ceci:
    «Heureusement, qu’Abel (signifiant vapeur, vanité) a été la démonstration d’une voie plus excellente. Il nous enseigne par sa courte vie. À commencer par le nom qu’il portait et qui a une connotation apparenté au «moins que rien». Se pourrait-il que l’humiliation dans lequel était maintenue Abel ait pu contribuer …à lui donner de la crédibilité aux yeux de Dieu ? Nous pouvons de toute évidence faire des corrélations avec notre Seigneur Jésus-Christ. Non seulement le nom d’Abel est-il porteur, le choix du premier né de son troupeau pour l’offrande l’est aussi (parallèle du Premier né des morts de Col 1.15 et de l’offrande que Jésus a été).
    *La volonté divine doit absolument nous être révélée (v. INTRODUCTION, p.2) pour être en exact correspondance avec Ses attentes, d’où le «telles que».
    Un corolaire frappant qui inspire la même idée (vanité) se trouve en Ésaïe:
    «Il s’est élevé devant lui comme une faible plante, un rejeton, et comme une racine sortant d’une terre aride. Il n’avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, et son aspect n’avait rien pour nous plaire. (…) nous l’avons estimé battu, frappé de Dieu, et affligé (…) nous n’avons fait de lui aucun cas» Ésaïe 53
    En conclusion
    Adam et Caïn ont été au désir d’élévation («vous serez comme des dieux» Gen.3.5) ce que Christ a été à l’humiliation («il s’est humilié lui-même» Phil 2.8).
    C’est pourquoi non seulement le message évangélique mais encore, tout ce qui suit la chute adamique, invite à cette attitude fondamentale d’abaissement * (du grec tapeinovw, tapeinóō). Dans ce texte comme partout dans l’Écriture, le Seigneur invite à l’humiliation si nous voulons rétablir notre relation avec Lui.» tiré de “Jésus 0 crédibilité ?”
    Que l’Esprit Saint nous conduise (étymologiquement de hodegeo: “conduire sur le chemin”) sur le chemin de l’humiliation:

    « Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève au temps qui Lui convient» 1Pierre 5
    Amen ! Amen !

  5. Salut,
    Ce matin, j’ai écouté une étude sur les lettres au 7 Églises.
    Cette étude ma vraiment rentré dedans. Comme vous le dite et l’expliquez très bien ,
    j’ai reconnu ce vide en dedans de moi. Cette avant-midi j’étais désespéré de moi même.
    J’ai prié et J ai demandé des réponses a Dieu. Et je viens de vous lire.
    Merci Seigneur ! Merci pasteur Réal! Merci a Michel pour le courrier !

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