La faiblesse humaine, un terreau fertile d’où naissent les héros de la foi

La faiblesse humaine, un terreau fertile d’où naissent les héros de la foi
Ta foi en Jésus te rendra fort, elle te propulsera vers les hauts sommets du succès, elle te dirigera vers ta destinée victorieuse, elle te rendra inébranlables et incontestablement meilleur car elle t’aidera à franchir les murailles de l’impossible. Bon, excusez-moi ce délire un peu absurde. Mais tout de même, on entend régulièrement ce type de discours qui ne colle pas avec l’Écriture.

En réalité, ce charabia n’est que mensonge et fantasme, c’est le rêve imaginaire du prêcheur (manipulateur) qui s’invente un christianisme à la mesure de ses ambitions, lesquelles n’est que sublimation du réel. Plus on encense ce discours dans nos églises, plus on détruit la foi ceux qui écoutent parce que chacun sait au plus profonde de lui-même que la hauteur d’une telle ambition n’est pas à sa portée. Culpabilité et rejet s’en suivent. On persévère dans ce qui semble vrai puisque le prédicateur utilise la Bible mais à la fois, on croule sous le poids douloureux de sa propre insignifiance.

La vie chrétienne n’est pas un rêve mais une vie dans la réalité de celui ou celle qui se présente chaque matin devant Dieu avec ses peurs, ses incertitudes et ses angoisses en espérant que la journée ne sera pas une suite d’expériences trop douloureuses au risque de s’abimer le cœur un peu plus encore. Et tout ça pour se faire dire ensuite à l’église que notre misère est le fruit de notre trop faible foi. Ce qui est faux dans ce discours n’est pas comment vous vous sentez, mais plutôt comment on vous dit que vous devriez vous sentir si vous aviez cette foi triomphante qui relève d’un faux Évangile.

o Comme Babe Ruth
De tous les sports professionnels qui existent, le Baseball est celui qui ressemble le plus au christianisme parce que c’est un jeu d’erreurs qui mesure statistiquement la faiblesse des athlètes qui le pratiquent. Par exemple, un joueur qui frappe pour une moyenne de 300 sur 1000 est une vedette même si son niveau d’échec est de 70%. Saviez-vous que le légendaire Babe Ruth à frappé 714 coups de circuit dans sa carrière et pourtant, il s’est fait retirer sur trois prises pas moins de 1400 fois. La morale de cette histoire est que le bonheur n’est pas que dans la réussite et qu’il ne faut surtout pas craindre les échecs répétés pour passer à l’histoire.

o L’incompétence des héros de la foi
Voilà qui nous rappel nos héros bibliques. Tous les héros de la foi sont ainsi nommés parce qu’ils ont atteint leur plus haut niveau d’incompétence. Abraham, Isaac, Jacob, Moise, David pour ne nommer que ceux-là. N’est pas un héros celui qui réussit mais celui qui ne sachant plus comment réussir à vivre ce que Dieu attend de lui, abandonne et laisse Dieu agir en lui. C’est une curieuse affaire que la foi car elle n’exige pas de nous que soyons forts et compétents, mais plutôt qu’arrivé à la limite de toutes nos forces, et devant l’évidence de notre incompétence, nous lâchions prise. Comme le psalmiste le dit : « Arrêtez et sachez que je suis Dieu ». La foi en Dieu qui triomphe se trouve dans la démission de mon intention, de mon projet de foi. La foi c’est la découverte et l’acceptation de mon échec et la prise en charge par Dieu de ma vie.Car la vie chrétienne est une vie semblable à celle de tous les humains qui doivent à chaque jour affronter un monde qu’ils sentent plus souvent qu’autrement hostile et peu bienveillant à leur égard. Quant au chrétien, lui, tout ce qu’il doit savoir c’est que Dieu lui promet d’être avec lui du lever du soleil jusqu’à son couchant.

o Conclusion

Si jamais on vous traite de faible spirituellement parlant, réjouissez-vous car au-delà de l’insulte, une richesse se cache, « c’est alors que je suis fort ». Ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’apôtre Paul. Depuis près de 40 ans que je médite ce texte de Paul qui en 2 Corinthiens 12 nous rappelle que l’ennemi premier de notre foi n’est pas notre faiblesse mais notre force.

« 8 Au sujet de cette épreuve, j’ai prié par trois fois le Seigneur de l’éloigner de moi, 9 mais il m’a répondu : « Ma grâce te suffit, c’est dans la faiblesse que ma puissance se manifeste pleinement. » C’est pourquoi je me vanterai plutôt de mes faiblesses, afin que la puissance du Christ repose sur moi. 10 Je trouve ainsi ma joie dans la faiblesse, les insultes, la détresse, les persécutions et les angoisses que j’endure pour le Christ. Car c’est lorsque je suis faible que je suis réellement fort. » 2 Cor 12 : 8-10
(R.G.

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